vers jains
Neutralisant toute répulsion vis-à-vis de chaque être vivant
Le plus minuscule des insectes errant dans les ténèbres
Le plus rapide des félins dorés chassant au soleil
Et envers toute chose inanimée
Les rouges plaies suintantes comme les palais diamantés d’azur
N’éprouvant ni dégoût ni admiration d’aucune sorte
Le Voyant affligé regarde le monde
Tantôt avec l’œil de l’oiseau de proie, tantôt avec celui de la limace
Tantôt contemplant le flot boueux des égouts, tantôt le fleuve des nuages célestes
Desquels il extrait la même fleur du lotus
Il voit avec équanimité et compassion
Tels sont les deux pétales de la connaissance
Car il n’est pas une plume, pas une écaille
Pas un ongle, pas un cheveu
Pas une goutte de pluie, pas un grain de poussière
Où l’âme n’ait traversé les multiples tourments des naissances et des morts ici-bas
Ainsi son Voir suit-il la Voie.