J’ondule en terre en anneaux circulaires
Mes soies crochètent grains de poussière
Minuscule ou majuscule musculairement
Côté gauche, côté droit, en haut, en bas
En avançant, en reculant
Simultanément
Selon l’hydrostatique
Des cylindres concentriques
De mon squelette
Au profil géodynamique
Je creuse, encore et encore
La terre
Dont je fais souterrains et pores
J’aère
Faisant fluides fleuves et rivières
J’ingère
Digère
Feuilles et racines
Je nourris fleurs et bruyère
Faisant fertiles les rosières
De mes turricules excrétées
Mais moins l’hiver
Et moins l’été
Car j’estive et j’hiberne
En cavités
Je suis décomposition des corps
Dévorant toutes les vanités
Autant renaissance que mort
Je suis le cycle du sol,
Sacré.
Catégorie : êtres vivants
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J’ondule en terre
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Suivez ma ligne
Vers la pointe de cette branche fine
La pointe douce
Ronde
Du Saule
Du Père
Arbre
Mes ailes
Protégées par la grande feuille
De la pluie qui vient
Mes pas s’y poseront
Un instant
Soleil à l’horizon
Je chante, amis, suivez mon vol
Suivez ma ligne
Là-bas
Déployez-vous
Quittez les caches
N’ayez crainte
Réfugiez-vous dans la maison des graines et de l’eau. -
Pour l’éternité
Lumière
La Sphère immense
S’y poser
M’y reposer
Chaleur
J’ai peur
Du géant
De ses mouvements
Des bruits
Sa chair est parfumée
J’ai froid
J’aurai chaud sur la sphère
J’ai faim
Je puiserai le sang, de ma trompe
Son nectar de fer
Avant de m’envoler, en spirales, vers les étoiles
Pour l’éternité. -
Viens à moi, mon amour tourmaline
Viens à moi, mon amour tourmaline
Entends-tu chanter mes ailes ?
Viens à moi, messagère des Fées
Gardienne des récoltes
Viens à moi, mon amour chrysoprase
Je t’attends près du pommier en fleurs
Nous nous aimerons
Sous la mare
Cachée
Dans la flaque
Invisibles
Un instant
Toute la vie
À l’ombre du grand sureau noir
De sa sève, abreuvés
Par les baisers de nos stylets
Et nos nymphes seront protégées de l’engoulevent,
De l’aranéide
Pour toujours
Le temps d’un refrain stridulant. -
Faites place
Nous marchons
Nous marchons vers le refuge, après la grande montagne
Vers la terre de nos ancêtres, après l’horizon
Vers l’Océan
Pour les Mères
Nos pas sont sûrs
Notre marche, millénaire
Nul obstacle ne peut en arrêter le cours
Nous sillonnons, couci-couça, palmés
Un pas en entraîne un autre
Puis un autre
Encore un
Dernier
Le chemin est long, périlleux
Mais nous marchons sans trêve
Nous glissons à travers les flocons de neige
Nous y nageons
Frottant la roche, parfois
Côte en vueFaites place
Nous sommes les oiseaux sans ailes. -
Un caillou
Un caillou sur le chemin, sous la pluie
Dort
N’importe quel caillou, au vent
Respire
Le caillou, vers le soleil
Chante
Tout caillou, quittant le sentier
Parle
À la mer, au ciel, aux paumes et aux pieds
Sans soucis de béton ni de marbre
En langue des Lyrides. -
Êtres de pierre
Paisibles et forts sont les êtres de pierre,
Aux cheveux de bruyère
Aux habits de lichen et de vent.Entre terre et mer
Lovés aux creux des sentiers côtiers
Silencieux
Ainsi vivent-ils.Nul autre que moi ne les contemple
Nul autre que moi ne les prie
Nul autre que moi ne peut voir leur visage de granitÀ présent que l’enfance a quitté ce monde.
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Plus vifs que le fauve en sa chasse
Ils sont foule, promeneurs
À vous observer
Sous les chapeaux bosselés
Des cupules
Inutile de les compter
Ou plutôt : ils sont innombrables
Indomptés
Ils peuvent passer d’une feuille à l’autre
Apparaître
Aux cimes
Disparaître
Filer vers les racines
Réapparaître
Taquins
Du troncPlus vifs que le fauve en sa chasse
Aux armoiries mordoréesEt qui compte, sinon le comptable
Le gardien de l’abattoir
Le prisonnier, les joursQui veut compter les glands du chêne ?
Nul n’est besoin de les compterIls s’assemblent en conseils de guerre
Que les Déesses ont convoqué
Avec les Faunes et les FéesEn réponse au tocsin du Tonnerre.