L’officier borgne

Claquez au vent du Nord, étendards d’or et de sang
Hissez les Signes et les Couleurs de la Patrie éternelle au sommet des drapeaux, l’aigle, la croix, le lion, le Bleu horizon de nos cieux, le Vert de nos champs d’émeraude
Battez, tambours de fer et de cuir
Frappez les peaux humaines tannées dans la chair de l’ennemi
Frappez au rythme de la mélodie sacrée, combattants de la Foi
Sonnez le refrain victorieux
Invoquez, convoquez les tempêtes incendiaires et la mort sans pitié
Sonnez la funeste mélodie de la ruine finale
Chantez la belle guerre, la guerre féroce, la Sainte guerre des hommes et des dieux

Ainsi s’adressa-t-il à nous autres, l’officier borgne vêtu de pourpre, alors que je songeais au blé mûr
Au soleil éclatant, à la plage et au pain
Quand l’ordre de l’assaut fut donné, je devins aveugle

Puis éternel.


EXHUMAIN