Je viens vers vous, puissants de ce monde et d’ailleurs, vous qui portez la mort et le désespoir, dans la nuit sans fin de l’oppression et du mal, la nuit du sang, la nuit du chasseur et des proies.
Vous qui dispensez la haine du petit, du faible, du pauvre.
Ce que je suis
Autant que l’est l’humus
Et le vent dans les branches
Je viens vers vous pour vous défier et vous combattre.
Car j’ai avec moi toute la puissance de la Vie, celle qui s’exprime à travers l’irrésistible force d’un seul brin d’herbe, qui rêve au ciel, au creux d’une rigole, s’élançant du bitume.
Celle d’un battement d’ailes de papillon lumineux quand l’aube se lève d’entre les étoiles,
Lovées au coeur du ventre de la Terre.
Je viens vers vous sans peur : derrière moi marchent les armées du Soleil et du Cosmos,
Invaincues.
Craignez la colère de l’Amour blessé
Des Sirènes et des Fées
Des Abeilles dorées
Et des Fourmis d’airain.